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Cette
machine a alimenté en électricité les Ets D.M.C. (Dollfus
Mieg et Cie) à Mulhouse de 1901 à 1947.
C'est un groupe électrogène de fabrication
étrangère, né en 1900, composé d'un alternateur
Brown Boveri et Cie, fabriqué en Allemagne à Mannheim, actionné
par une machine à vapeur Sulzer, réalisée à
Winthertur (Suisse).
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partie électrique (environ 70 tonnes) est constituée d'une
roue polaire de 6 m de diamètre et d'une dynamo, appelée excitatrice,
placée devant la roue. L'excitatrice fournit un courant continu qui,
par l'intermédiaire d'un collecteur (2 bagues en bronze sur l'axe
de la roue) alimente 72 électro-aimants appelés inducteurs,
placés autour du volant. Les 72 champs magnétiques successifs
(pôles sud et pôles nord alternés) sont mis en mouvement
par la rotation de la roue. La variation de champs magnétiques, par
rapport à 3 enroulements de cuivre, alternés à l'intérieur
de la partie fixe (stator) entourant la roue, induit dans ces bobines un
courant alternatif dont la fréquence varie en fonction de la vitesse
de rotation de la roue. C'est ce courant qu'il serait possible d'utiliser,
si la machine était "en production".
L'autre partie : la machine à vapeur (environ
100 tonnes), produit la force mécanique qui fait fonctionner l'alternateur.
Pour placer la machine à vapeur dans une position favorable au
démarrage, le vireur (petite machine à vapeur à 2
cylindres en V, située près de la roue) se charge de mettre
très lentement en rotation la roue polaire, grâce à
2 roues dentées que le technicien emboîte à la crémaillère
de la grande roue pour le démarrage.
La machine à vapeur est constituée
notamment de 4 gros cylindres couplés 2 par 2 et contenant chacun
un piston. Ces pistons sont poussés par la vapeur qui passe du
cylindre haute-pression (le plus petit) dans le cylindre moyenne-pression,
puis en même temps dans les 2 cylindres basse-pression. La vapeur
travaillant 3 fois, la machine est dite à triple expansion. La
température de la vapeur à l'entrée du circuit était
de 200 degrés et sa pression d'environ 12 bars.
Les extrémités des tiges de pistons
mettent en mouvement 2 bielles qui, avec l'aide du vilebrequin, transforment
le mouvement rectiligne de la machine à vapeur en rotation du volant
d'inertie. La roue assure en même temps, grâce à une
courroie de cuir, le fonctionnement de l'excitatrice.
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Les
soupapes d'admission et d'échappement (portes d'entrée et
de sortie de la vapeur dans les cylindres) sont actionnées par 2
arbres à cames mis en rotation par des engrenages situés sur
l'axe de la roue polaire. Un régulateur de vitesse à masselottes
se charge de maintenir la bonne vitesse en agissant sur l'ouverture des
soupapes d'admission du cylindre haute-pression (ce qui permet de réguler
le débit de vapeur).
Après son travail dans les 4 cylindres, la
vapeur passe dans 2 condenseurs de surface qui vont la refroidir une première
fois. Les condenseurs sont 2 cylindres contenant chacun 300 tuyaux parcourus
par de l'eau froide. Au contact de ces tubes refroidis, la vapeur se transforme
en eau tiède, appelée condensat, qui est aspirée
par les 2 pompes à vide, où un système d'arrosage
d'eau froide assure une deuxième condensation.
Toute cette mécanique de 170 tonnes est graissée
par une dizaine de systèmes différents dont les 48 huileurs
"goutte-à-goutte", les pompes à huile actionnées
par des arbres à cames..., ainsi que par un système manuel
: le graissage à la burette (315 points différents).
Cette machine fut achetée par la société
D.M.C Mulhouse en 1901 et utilisée pendant 46 ans. Après
30 ans d'arrêt, 20 000 heures de restauration ont été
nécessaires pour que vous puissiez la voir fonctionner tous les
jours.
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